Design et fabrication : un bloc d’aluminium usiné
Laifen s’est fait un nom avec ses sèche-cheveux et brosses à dents haut de gamme ; le P3 Pro est sa tentative la plus sérieuse de s’imposer sur le rasage électrique, un marché dominé depuis des décennies par Philips, Braun et Panasonic.

Le pari se voit dès la prise en main : le corps est usiné dans un seul bloc d’aluminium de qualité aéronautique, avec une fenêtre en verre qui laisse apparaître le moteur, et un assemblage par aimants qui réduit au minimum les pièces en plastique. Le résultat dégage une qualité de fabrication qui tranche avec la plupart des rasoirs électriques grand public, généralement tout en plastique injecté.

Revers de cette esthétique épurée : le corps lisse n’offre aucune zone de préhension texturée, et peut devenir glissant en usage humide, sous la douche notamment. Avec 180 g sur la balance, l’appareil se fait aussi sentir, sans être pour autant inconfortable en main.

La tête de rasage : trois éléments qui épousent le visage

Contrairement à la plupart des rasoirs rotatifs à trois têtes, le P3 Pro mise sur une tête foil composée de trois éléments indépendants — deux grilles de rasage et un trimmer central pour les poils couchés — chacun pouvant flexer séparément pour suivre les contours du visage, du cou et de la mâchoire. La grille elle-même est fine (0,055 mm), taillée dans un alliage pauvre en nickel pensé pour limiter les irritations sur peau sensible. À l’usage, le confort est le point fort de cette tête : peu de tiraillements, une glisse agréable, et une bonne efficacité sur les détails autour du nez et de la bouche.

La limite apparaît sur une barbe plus fournie : au-delà de deux jours de pousse, le P3 Pro demande plusieurs passages là où un foil haut de gamme japonais s’en sort en un seul. L’absence de tondeuse de finition dédiée aux contours (favoris, bouc) se fait également sentir face à des concurrents mieux équipés sur ce point.

Autonomie et charge : l’un des points forts
Les deux moteurs linéaires du P3 Pro cumulent 24 000 coupes par minute et s’appuient sur un algorithme de stabilisation pour limiter les vibrations perceptibles en main.

Côté autonomie, la batterie tient jusqu’à 100 minutes d’utilisation, largement de quoi couvrir plusieurs semaines de rasage quotidien entre deux charges. Et pour les oublis de dernière minute, trois minutes sur le port USB-C suffisent à récupérer de quoi terminer un rasage complet — un vrai confort au réveil. La charge intégrale, elle, prend environ deux heures.
Étanchéité et entretien

Certifié IPX7, le P3 Pro se rince intégralement sous l’eau et s’utilise aussi bien à sec que sous la douche, en rasage humide avec mousse ou gel. Le nettoyage est d’ailleurs l’un de ses points forts : la tête à trois éléments retient peu de résidus et se rince en quelques secondes. Laifen annonce une durée de vie de la cassette de rasage d’environ 18 mois en usage normal, et une tête de rechange coûte une quarantaine d’euros le jour venu.

Au terme de ce test, le P3 Pro confirme que Laifen sait fabriquer un objet premium : la qualité de construction et le confort de rasage sont réels, portés par une autonomie généreuse et une étanchéité totale.
Mais à 199,99 €, il affronte des rasoirs eux aussi très aboutis, mieux équipés sur la finition (tondeuse intégrée) et parfois plus efficaces sur barbe fournie — de quoi réserver ce premier essai de Laifen dans le rasage aux amateurs de design qui privilégient le confort quotidien à la coupe la plus rase possible.
