Une vingtaine de vols européens ont été visés jeudi 5 novembre par de fausses alertes à la bombe, la troisième vague en quatre jours, d’après franceinfo et France 24, qui reprennent l’AFP.
Les menaces arrivent par e-mail, depuis des adresses anonymes, envoyés à des aéroports. Aucun explosif n’a été trouvé et tous les appareils ont atterri sans incident, mais plusieurs ont été escortés par des avions de chasse.
Prudence toutefois sur l’origine : aucun pays n’a attribué ces messages à un auteur, et aucune interpellation n’a été annoncée à ce stade. Les pistes évoquées restent des hypothèses.
Trois vagues en quatre jours
La série débute lundi 2 novembre, quand un vol Wizz Air Londres-Sofia est dérouté vers Budapest après une menace. Mardi 3, une dizaine de vols sont visés selon franceinfo, dont plusieurs Ryanair, des vols vers Varsovie et un Wizz Air Bergame-Sofia. Le paquebot Crown Iris, avec près de 940 passagers, a par ailleurs été évacué à Syros, en Grèce, après l’appel d’une personne non identifiée annonçant un engin sur la coque ; rien n’a été trouvé.
Jeudi 5, la vague touche de nombreux pays : le vol Aer Lingus Dublin-Rome, avec 157 personnes à bord, a été dérouté vers la base d’Évreux sous escorte de deux avions de combat français, après une alerte transmise par les autorités italiennes. Les passagers ont été contrôlés par les gendarmes, sans résultat, puis conduits à Roissy. Le parquet d’Évreux a ouvert une enquête sur le comportement du pilote, qui aurait d’abord refusé d’atterrir à Évreux.
Qui est visé
En Bulgarie, des MiG-29 ont escorté trois Ryanair en route vers Sofia, dont un dérouté vers Plovdiv. En Italie, un Finnair Helsinki-Rome a été escorté jusqu’à Fiumicino, et des Wizz Air au départ de Milan sont visés. À Prague, quatre appareils (deux easyJet, un Ryanair, un Sky Express) se sont posés entre 8 h 45 et 9 h 30 GMT, et la police tchèque indique que les contrôles sont négatifs. Madrid, Copenhague et Varsovie sont aussi concernés selon les autorités locales.
Les chiffres varient selon les sources : « une vingtaine » de vols pour l’AFP, près de 30 pour Reuters, dont nous n’avons pu lire que le résumé.
Ce que contiennent les e-mails
À Prague et à Rome, les menaces ont été envoyées par e-mail à l’aéroport, depuis des adresses anonymes. Selon l’AFP, certains messages adressés aux aéroports de Rome et de Sofia affirmaient émaner de « combattants de l’État masculin ». L’AFP précise qu’il est impossible de vérifier ce lien et qu’aucune revendication ne couvre l’ensemble des vols. Reuters rapporte aussi que des rédactions en Irlande et en Bulgarie ont reçu des courriels de menace, sans pouvoir dire s’ils viennent de la même source.
Les hypothèses en circulation
franceinfo et France 24 notent que ce type d’alertes est parfois relié par les autorités ou les chercheurs à la Russie ou à l’Iran, sans que ce soit établi pour cette série. Le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, juge « trop tôt » pour dire si les incidents sont liés. Aucune attribution n’est confirmée : des experts cités par Reuters rappellent aussi que des individus isolés peuvent imiter ce type de menaces.
Reste à identifier l’auteur
Reste à savoir si ces envois proviennent d’un seul acteur et ce que révélera l’enquête, menée notamment en Tchéquie par le Centre national de lutte contre le terrorisme. En attendant, les aéroports appliquent leurs protocoles habituels, au prix de retards et de déroutements. Nous complèterons cet article si les enquêteurs avancent.