Les écrans à encre électronique couleur ont longtemps imposé un compromis : afficher des illustrations et des documents en couleur, au prix d’un rendu parfois moins net et moins contrasté que celui des écrans monochromes. Avec Kaleido 4, E Ink entend réduire ces limites en améliorant la richesse des couleurs, la réflectance et le contraste de sa technologie.
La nouvelle génération de sa plateforme d’affichage e-paper promet notamment un volume de gamut colorimétrique plus de deux fois supérieur à celui de la version précédente, une réflectance accrue de 15 % et un contraste en hausse de 50 %. Ces améliorations doivent permettre de mieux exploiter les écrans couleur pour des usages qui dépassent la simple lecture de livres numériques.
La technologie fait déjà ses débuts dans le carnet numérique Hanvon M10C II. Ce premier appareil associe la nouvelle dalle à des améliorations matérielles destinées à accélérer la navigation et à rendre l’écriture manuscrite plus naturelle.
Kaleido 4 promet des couleurs plus riches et un meilleur contraste
La principale évolution de Kaleido 4 concerne la reproduction des couleurs. Selon E Ink, le volume du gamut colorimétrique double par rapport à la précédente génération pour dépasser 40 000. Toutefois, le fabricant ne précise pas l’unité utilisée pour cette mesure : ce chiffre ne doit donc pas être interprété comme un nombre de couleurs affichables.
La réflectance du blanc progresse également de 15 %. Cette caractéristique correspond à la quantité de lumière renvoyée par l’écran et contribue à son apparence, notamment lorsque l’utilisateur lit dans un environnement lumineux.
E Ink annonce enfin une amélioration de 50 % du contraste. Associée aux progrès de la reproduction des couleurs, cette évolution pourrait rendre les textes, les illustrations et les documents plus faciles à consulter.
L’enjeu est particulièrement important pour les appareils destinés à la lecture de contenus techniques. Les schémas, les graphiques, les illustrations pédagogiques et les documents PDF nécessitent une reproduction suffisamment lisible pour que les informations restent faciles à distinguer.

L’e-paper couleur veut dépasser la lecture de livres
Avec Kaleido 4, E Ink cherche à élargir les usages de l’encre électronique couleur. La technologie vise notamment les documents PDF en couleur, les dessins techniques et les contenus de référence dans les domaines scientifiques et technologiques.
Cette orientation pourrait rendre les tablettes e-paper plus intéressantes pour les étudiants, les ingénieurs et les professionnels qui consultent régulièrement des documents illustrés. L’encre électronique conserve l’intérêt d’un affichage réfléchissant, sans fonctionner comme un écran LCD ou OLED traditionnel.
La vidéo bénéficie également d’une amélioration, avec une fréquence pouvant atteindre 18 images par seconde grâce à de nouveaux algorithmes. Ce niveau reste limité par rapport aux écrans classiques, mais il pourrait suffire à rendre certains contenus éducatifs ou animations simples plus agréables à consulter.
La lecture vidéo ne constitue toutefois pas nécessairement l’argument principal de Kaleido 4. Pour ce type de technologie, la lisibilité des documents, le confort de lecture et la prise de notes restent des usages plus naturels.
Hanvon M10C II : un premier appareil équipé de Kaleido 4
Le carnet numérique Hanvon M10C II inaugure cette nouvelle génération d’écran. Il utilise un nouveau fond de panier à base d’oxyde, la couche de transistors qui commande les pixels de l’affichage. Ce composant fonctionne à des tensions plus élevées afin d’accélérer les rafraîchissements.
Hanvon y associe sa propre puce de synchronisation de l’écran. Selon le fabricant, cette combinaison permet d’accélérer de 27 % le changement de page et le défilement. L’objectif est de réduire l’une des frustrations récurrentes des appareils à encre électronique : une navigation parfois lente, particulièrement visible lors du passage d’une page à l’autre ou du déplacement dans un document.
Le système d’éclairage frontal a également été retravaillé pour améliorer le rendu des couleurs. Contrairement au rétroéclairage d’un écran LCD classique, l’éclairage frontal illumine la surface de la dalle afin de faciliter la lecture dans des conditions de luminosité moins favorables.

Un stylet conçu pour retrouver les sensations du papier
Le Hanvon M10C II ne se limite pas à la lecture. Il est livré avec un stylet sans batterie prenant en charge 8 192 niveaux de pression, ce qui permet de moduler le tracé en fonction de la force appliquée.
L’écran est recouvert d’un verre trempé microgravé. Cette surface vise à réduire les reflets et la parallaxe, c’est-à-dire l’écart apparent entre la pointe du stylet et le tracé affiché. Elle doit également apporter une résistance sous la pointe plus proche de celle du papier.
Ces caractéristiques sont importantes pour les carnets numériques, dont l’intérêt dépend autant de la qualité de l’affichage que de la précision de l’écriture. Une dalle couleur plus lisible, associée à une navigation plus rapide et à un stylet adapté, pourrait faciliter la prise de notes sur des documents illustrés.
E Ink cherche ainsi à rendre ses écrans plus polyvalents, en combinant lecture, annotation et consultation de contenus visuels.
Vers des liseuses couleur et des tablettes plus polyvalentes
Kaleido 4 pourrait à terme équiper différentes catégories de produits : liseuses couleur, tablettes e-paper, carnets numériques et manuels scolaires électroniques. Des appareils de marques comme Amazon pourraient constituer des débouchés possibles, mais aucune adoption future de cette génération par un modèle Kindle précis n’est confirmée dans les informations disponibles.
Les progrès annoncés sont encourageants, notamment pour le contraste et la richesse des couleurs. Ils ne suffisent cependant pas à établir que Kaleido 4 éliminera tous les défauts perceptibles de l’encre électronique couleur. La netteté du texte, le rendu des couleurs et la fluidité devront être évalués sur des appareils commercialisés.
Avec cette nouvelle génération, E Ink tente surtout de démontrer que l’e-paper couleur peut devenir un outil de travail et d’étude plus complet, plutôt qu’une simple option pour afficher des couvertures de livres en couleur.