Microsoft fait face à l’amende de l’UE sur le choix du navigateur Web par défaut

Vous rappelez-vous du ballot screen (de l’anglais « ballot » qui ne signifie pas « idiot » mais « scrutin ») imposé à Microsoft par la Commission Européenne qui a fait progressivement son apparition sur les PC européens sous Windows depuis le 1er mars 2010 ? Mais si vous savez la pop-up qui survient sur votre bureau Windows avec intitulé « Le choix de votre navigateur, une décision importante » !

Microsoft fait face à l'amende de l'UE sur le choix du navigateur Web par défaut

Il est vrai que nous Européen, on n’aime pas vraiment être forcé à utiliser Microsoft Internet Explorer, même juste le temps qu’il faudrait pour télécharger Firefox ou Chrome… Si je vous en reparle aujourd’hui ce n’est pas parce que la Commission Européenne a décidé de retirer son choix, mais plutôt car Microsoft est confronté à la possibilité de sanctions, et ce après avoir omis (par erreur) d’offrir aux utilisateurs de Windows le choix du navigateur Web par défaut pendant seize mois

En effet, Microsoft a été contraint de s’excuser auprès de la CE sur son incapacité à faire en sorte que les utilisateurs de Windows aient le choix d’utiliser n’importe quel navigateur Web, et la firme se trouve donc face à une amende ou d’une certaine forme de sanction supplémentaire sur la question.

Selon Joaquín Almunia, vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Concurrence, l’enjeu est qu’en omettant d’offrir aux utilisateurs le choix du navigateur, l’entreprise est en violation d’un accord juridique qui a été mis en place depuis maintenant trois ans, et ce pendant plus d’un an.
La raison de distribuer Internet Explorer en tant que navigateur Web par défaut sur Windows, Microsoft s’est trouvé accusé de « véritablement bloquer le choix du consommateur » en 2009 par le CE, conduisant la société à accepter d’installer un « ballot screen », autrement dit un « écran de choix », qui permettrait à tous les utilisateurs d’avoir la possibilité de sélectionner Internet Explorer, Google Chrome, Safari, Opera ou d’autres navigateurs comme étant celui par défaut de leur ordinateur.
Cette pop-up qui a été mise en place, a disparu en Février de l’année dernière, selon Almunia. Selon les estimations, cet écart signifie qu’en près de 16 mois, plus de 20 millions d’utilisateurs de Windows n’ont pas eu la possibilité de choisir le navigateur.

Pour sa part, Microsoft indique que la disparition du ballot screen n’est pas une volonté de leur part, mais il s’agit plutôt d’une simple erreur. « Due to a technical error, we missed delivering the [browser choice screen] software to PCs that came with the Service Pack 1 update to Windows 7″, explique la firme dans un communiqué. Autrement dit, une erreur technique aurait empêcher l’ouverture de cette pop-up, celle-ci étant arrivée après la mise à jour du Service Pack 1 sur Windows 7…
Le communiqué se poursuit en indiquant que « The BCS software has been delivered as it should have been to PCs running the original version of Windows 7, as well as the relevant versions of Windows XP and Windows Vista. However, while we believed when we filed our most recent compliance report in December 2011 that we were distributing the BCS software to all relevant PCs as required, we learned recently that we’ve missed serving the BCS software to the roughly 28 million PCs running Windows 7 SP1″.

La société blâme donc son équipe d’ingénieurs, qui apparemment ne comprennent pas la nécessité de continuer à offrir le logiciel afin d’être conforme à l’accord CE. L’erreur a été découverte à la fin du mois dernier, et Microsoft affirme qu’elle a commencé à distribuer des correctifs du logiciel depuis le 2 juillet. « We expect to substantially complete distribution of the BCS software to the PCs we initially missed by the end of the week« , déclare la société.
Un porte-parole a ajouté que la société « regrette profondément » l’erreur, et consentirait volontairement avec une extension de 15 mois de surveillance de la Commission Européenne afin de compenser l’erreur.

Malheureusement, ni regret, ni plus longue surveillance ne sont suffisants pour Almunia ou la Commission Européenne, qui doit maintenant décider si oui ou non la question d’une sanction doit aller plus loin d’un prolongement de la surveillance. « Needless to say, we take compliance with our decision very seriously », a déclaré Almunia. « Si l’infraction est confirmée, il y aura des sanctions », poursuit-il.

Pour information, le règlement Européen avertit que les entreprises qui ne respectent pas les engagements juridiquement pourraient faire face à des amendes allant jusqu’à 10% de leur chiffre d’affaires annuel.

Une décision est attendue sous peu…

Le moment de l’intervention de Bruxelles est intéressant étant donné qu’Internet Explorer n’est plus aussi dominant qu’il était en Europe. Mais, le fait demeure que quelle que soit la part de marché, Microsoft a accepté, et ensuite « échoué », à se conformer de respecter ses engagements auprès de la CE jusqu’en 2014… À croire que c’était impossible pour la firme de ne pas réagir autrement que de « rompre partiellement le contrat » !

Puisqu’il s’agit d’une erreur qui n’a pas été découverte pendant 15 mois, il ne pourrait pas également y avoir une erreur pendant la même période sur le fait de ne pas proposer Internet Explorer dans le ballot screen ?

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